La culture de l'esprit

La curiosité, vilain défaut ou pulsion de vie ?

La curiosité est un vilain défaut ?

hommes attisés par la curiosité

On entend souvent dire que “la curiosité est un vilain défaut”. Cependant, la curiosité est la capacité de s’intéresser aux choses qui nous entourent. La curiosité porte l’individu à s’interroger, et l’incite à se renseigner pour répondre à ses interrogations. Cette pulsion est inscrite dans le monde animal. Chaque nouvelle stimulation dans l’environnement va attirer l’attention, l’être va tourner la tête, sentir, observer pour recueillir des informations via ses sens.

Sans cette pulsion, le vivant serait incapable d’appréhender son environnement et de distinguer ce qui est positif ou au contraire négatif. L’animal se laisserait surprendre par un prédateur ou raterait de nombreuses occasions. On peut donc en conclure que la curiosité est une pulsion de vie, un avantage évolutif. C’est dans cette fonction qu’elle s’est inscrite au plus profond de l’humanité.

Ouvrir la boite de Pandore

Dans la culture de l’homme, cette curiosité a pris bien des formes tout en conservant le même fond : la volonté impulsive de découvrir quelque chose. On retrouve par exemple le mythe grec de Pandore. Zeus confie une boite mystérieuse à Pandore, et lui dit de ne jamais l’ouvrir. Mais le rusé Zeus sait que Pandore a en elle la curiosité, et que cette curiosité l’incitera à ouvrir la boite. Bien évidemment elle ouvrira la boite et les maux de l’humanité se répandront sur la terre.

pandore ouvrant la boite

La Bible propose un mythe similaire. Le serpent, le mal attise la curiosité d’Adam et Eve, et ils finissent à terme par goûter au fruit sacré. Au final, le serpent est en chaque être humain. Le démon n’a pas eu besoin de grand-chose pour les inciter à manger le fruit, il a simplement joué avec leurs instincts. Ces mythes nous dévoilent que la curiosité est bel et bien au fond de l’être humain.

Ulysse et les sirènes, une curiosité bien placée

En fait, cette curiosité est négative lorsqu’on ne la contrôle pas, que quelqu’un nous manipule. Mais utilisée à bon escient cette curiosité est un véritable avantage, car elle permet de recueillir des informations. Prendre conscience que cette curiosité est en nous, nous permet de mieux la contrôler et de l’utiliser avec sagesse. C’est le cas d’Ulysse dans l’Odyssée. Avant de céder à sa curiosité, Ulysse prend toutes les précautions dans le calme. Il s’attache solidement au mat de son navire et donne des instructions à ses hommes avant d’écouter le chant des sirènes.

Cette pousse provient du même champ :   Le pouvoir de la confession, hypocrisie ou miracle ?
Ulysse, attaché au mat, écoute le chant de sirènes

Ulysse veut écouter et connaitre, car il sait qu’en vivant l’évènement tout en étant protégé des dangers, il renforcera sa connaissance du monde, et donc sa maitrise de celui-ci.

De même lorsqu’Ulysse descend dans les enfers. En discutant avec les défunts et tout en luttant contre les âmes damnées, il recueille des informations. Il parle notamment avec Achille :

– Achille, jamais mortel ne sera plus heureux que toi : de ton vivant, les Grecs t’honoraient comme un dieu, et maintenant tu règnes sur les morts.

Je dis et il me répondit :

– N’essaie pas de me consoler de la mort, illustre Ulysse ! J’aimerais mieux vivre et servir un pauvre paysan pouvant à peine se nourrir que régner sur tous les morts qui ne sont plus »

Homère , L’Odyssée

Achille apprend à Ulysse que, plutôt que la gloire et la mort, il aurait préféré la vie et l’amour.

Finalement, la curiosité bien placée est une véritable pulsion de vie. Elle est inscrite en l’homme et lui permet d’étudier son environnement pour moins le subir. Et si parfois cet instinct incite à un voyeurisme vicieux, pour le sage il est une grande force de survie.

Et toi, ta curiosité est-elle bien placée ? Donne-moi ton avis en commentaires.


Nouveaux contes, mythes et légendes pour comprendre le XXIe siècle

Voici la compilation ultime de mes écrits. Vous y retrouverez plus de 200 pages de légendes et nouvelles, accompagnées de réflexions philosophiques :

Votre livre Cliquez ici ou sur l'image pour découvrir ce travail.

Un projet d’écriture ou une question ? Pour me contacter, c'est par ici

Précédent

Comment être optimiste ?

Suivant

Ulysse et les sirènes, la sagesse face à la Tentation

  1. L’enfant spontané et empli de vie est naturellement curieux ; il est bon de favoriser la curiosité de l’enfant ; c’est en se posant des questions et en cherchant des réponses que l’on approfondit sa vie et celle des autres. Le curieux est riche d’une force de vivre qui le pousse plus loin que lui même.
    La curiosité malsaine lorsqu’elle est jalouse ou nocive, toxique est utilisée pour critiquer ou détruire. Cest un signe de mal-être et ce n’est pas la vraie curiosité.
    La vraie curiosité est porteuse d’élans, de générosité, de grandeur d’âme et même d”empathie.
    Si le petit poucet n’avait pas été curieux il n’aurait pas aidé ses frères.
    Parfois comme dans Barbe bleue ou peau d’âne la curiosité engendre des déconvenues et des crises…toujours pour un meilleur à venir !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retrouvez tous mes livres : Cliquez ici pour découvrir mes plantations...

Thème par Anders Norén