La culture de l'esprit

un avare en train de se noyer dans son or

Comment faire face à l’avarice ?

C’est quoi être avare ? L’avare veut avant tout conserver ses possessions, le reste n’étant pas vraiment important. Ce faisant, l’esprit de l’avare est en permanence préoccupé par ses biens. Qui essaye de le voler ? Comment cacher ceci ou ne pas donner cela ? Voilà les questions qui taraudent l’avare, ce grand malade qui porte en lui les maux de l’Avarice.

Définition de l’avarice

L’avarice provient à la base d’un instinct de survie qui a été poussé à son paroxysme. En effet, les êtres humains sont à la fois individus égoïstes, mais aussi personnes sociales. C’est pourquoi notre part d’avarice : posséder pour survivre, s’oppose souvent à l’altruisme : donner pour vivre en groupe. L’égoïsme est donc le fragment de l’homme qui lui permet de conserver ce qui est nécessaire à sa survie, et bien souvent aussi, d’accumuler du superflu par peur du manque.

L’homme peut être qualifié d’avare lorsqu’il laisse sa pulsion égoïste prendre le dessus. Il voudra accumuler plus qu’il n’en faut, et c’est en plongeant dans cet excès, en laissant s’exacerber cette pulsion (souvent chez des personnes ayant subi ou observé des manques), qu’une personne passera d’un égoïsme de survie à une avarice maladive.

Un avare entouré de chaînes, chaînes auxquelles est suspendu un sceau rempli d'or. Il est rongé par l'avarice

Les avares veulent tout, et surtout tout garder. Donner devient difficile, dépenser le moindre sou est une douleur profonde, car l’individu a l’impression que ce sou est nécessaire à sa survie. L’avarice déforme donc la perception de l’homme pour l’inciter à conserver. L’avare doit manipuler pour parvenir à ses fins, sans se préoccuper de la honte d’inventer un mensonge ridicule. Son seul plaisir devient celui de ne pas donner, plaisir amer qui tôt ou tard, finira par détruire l’individu et les relations qu’il aurait pu tisser.

En français, nous avons un mot qui qualifie ces personnes : grigou. Le grigou, ou souvent vieux grigou, est un homme totalement rongé par l’avarice. Il rechigne à dépenser son argent. Par ailleurs, le vieux grigou est très bien représenté par Louis de Funès dans le film “l’Avare”.

C’est quoi l’avarice ?

L’avare préférera conserver son bien plutôt que de le donner à quelqu’un dans le besoin. Par cette action il s’infligera une double peine. La première, cette sensation de culpabilité de n’avoir pas aidé son prochain. Culpabilité inhérente à l’homme qui est un animal social doté d’une forte empathie. La seconde peine, est de continuer à porter un bien comme fardeau, un bien qui aurait pu être utile, circuler dans le monde sans encombrer inutilement l’esprit de l’avare.

L’avare est possédé par ses biens, à tel point qu’il en néglige ses relations sociales et ajoute au poids de la vie, toutes les chaînes de ses possessions.

un vieux grigou avec son or rongé par l'avarice

Ça n’est donc pas sans raison si l’avarice est l’un des sept péchés capitaux. Les péchés capitaux étant généralement ce qui nuit à la vie d’un individu et en définitif du groupe. L’avare est égoïste, cette égoïsme attise les jalousies et la haine, déstabilisant donc la cohésion d’un groupe. De plus, l’avarice détruit l’esprit, car l’esprit se dépense pour l’argent alors qu’une personne saine devrait dépenser l’argent pour l’esprit.

Bien souvent, l’avare n’a pas conscience de ses comportements, et encore moins de la toxicité de ceux-là sur son âme. Le diable se cache toujours dans les détails (découvrez la symbolique du Diable dans cet article), il se dissimule, ment, faisant croire au possédé qu’il possède ses biens, faisant croire à l’Avare que ses possessions sont indispensables.

Cette pousse provient du même champ :   Comment accepter ce qui est ?

Peut-on se libérer de l’avarice ?

Pour vivre pleinement la vie, il faut apprendre à se détacher des possessions matérielles qui ne sont pas nécessités. L’avare pervers s’invente des nécessités qui ne sont en réalité que des caprices. C’est en déchirant ce mensonge que l’homme découvre une autre vérité. La vérité du don charitable, et de l’apaisement qu’il procure.

Un homme fait don d'une colombe à un autre

En se séparant de son superflu, une personne crée un lien de confiance avec la personne qui reçoit. En plus du bonheur immédiat que procure le don, l’esprit du donneur sera libéré du bien donné. Ce bien ne demandera plus d’attention pour être conservé, et c’est ainsi que l’âme charitable s’allège. Ceci n’est pas sans rappeler la phrase du Christ dans la Bible qui fait penser à l’avarice :

Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche de rentrer dans le royaume de Dieu.

LE NOUVEAU TESTAMENT, Matthieu 19:24

Plus nous possédons de biens, plus il est difficile d’ouvrir le royaume de Dieu en soi-même (découvrez la sagesse de Jésus dans cet article). Autrement dit, il est difficile de trouver la paix de son âme, car cette âme est sans cesse préoccupée pas ses possessions.

Comment vaincre l’avarice ?

Dans “conte de noël” de Charles Dickens, on découvre l’histoire d’un vieux grigou qui se prénomme Scrooge. Le pauvre vieux avait fini par ne penser qu’à ses biens, en délaissant évidemment tout le reste. Personne ne lui adressait une parole chaleureuse, car lui-même n’en adressait aucune.

«  Vous êtes enchaîné ? demanda Scrooge tremblant ; dites-moi pourquoi.

― Je porte la chaîne que j’ai forgée pendant ma vie, répondit le fantôme. C’est moi qui l’ai faite anneau par anneau, mètre par mètre ; c’est moi qui l’ai suspendue autour de mon corps, librement et de ma propre volonté, comme je la porterai toujours de mon plein gré

Conte de noêl, charles Dickens

Barreau après barreau, ce grigou s’est enfermé dans son égoïsme jusqu’à en avoir l’âme rongé, et évidemment le cœur flétri. Toutes ses belles aspirations se sont lentement estompées… Mais vint un jour où il fit d’étonnantes rencontres, qui le mirent face à son égoïsme, et lui montrèrent sa profonde solitude. Débuta alors une remise en question totale. Le vieux grigou, petit à petit, alla vers bien ; on le surprit à discuter, à prendre du temps pour les autres. Il renoua avec sa famille et passa le plus merveilleux des noëls. Son être rayonna et par ses rayons, sauva plus d’une âme.

La possession rend-elle libre ?

En finalité, posséder ne signifie pas être plus libre, car chaque possession prend sa place, plus ou moins large, dans l’esprit qui la possède. Et c’est en prenant cette place, que la possession finit par posséder. En brisant ces chaînes, l’homme s’envole et flotte dans la vie, pur et léger.


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Petites histoires inspirées par le XXIe siècle

  1. Vérène Schaeffer

    “Toujours plus”, telle est la devise de l’avare.
    L’avarice est une forme d’attachement à l’argent qui empêche l’homme d’être heureux. Ce vice n’est pas une maladie du portefeuille mais une maladie du coeur, une maladis de l’âme. La richesse n’est pas un péché en soi, mais c’est l’attachement excessif à l’argent et aux biens qui révèle un rapport maladif à la réalité. En effet, s’il est possible pour les hommes d’être maître des biens qu’ils possèdent, ce sont malheureusement souvent ces biens qui finissent par les posséder. Les avares perdent ainsi leur liberté car ils sont
    toujours à ” surveiller leurs épaules ” par peur de voir leur patrimoine disparaître.
    Les premiers moines luttaient déjà contre l’avarice qui frappait certains d’entre eux, et ce malgré leur style de vie particulièrement dépouillé en méditant sur la mort. Quelle que soit l’accumulation de biens dans ce monde, nous sommes absolument certains d’une chose: ils ne tiendront pas dans le cercueil.
    On retrouve également cette méditation dans la fameuse locution latine Memento mori, “Souviens-toi que tu vas mourir”, presente dès le christianisme médiéval pour exprimer la vanité de la vie terrestre.
    C’est aussi dans une certaine mesure le sens du mercredi des Cendres : “Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière “. Une poussière, certes, mais une poussière infiniment aimée de Dieu.
    MEDITER SUR LA MORT PERMET AINSI D’AJUSTER SON COMPORTEMENT, EN S’ABANDONNANT ENTRE LES MAINS DE DIEU.

    • Nina

      “Vanité des vanités
      Tout est vanité ”
      L’ecclésiaste

      Oui je pense à la danse macabre : ces figures médiévales que l’on retrouve dans les églises et cloîtres et certains châteaux.
      La mort fauche tout le monde et qu’elle que soit la personne, riche, pauvre, religieux ou non, ouvrier ou seigneur etc

    • Merci pour ce commentaire très intéressant. En effet gagner de l’argent n’est absolument pas un mal, c’est l’accumulation impulsive de richesses qui est néfaste. Car dans l’univers l’énergie existe pour circuler. L’argent étant de l’énergie accumulée, cet argent ne doit pas stagner !

  2. Nina

    cela me fait penser à Eugénie Grandet ; cette jeune fille élevée dans l’ennui et cernée par l’avarice de son père qui s’est enrichi au profit des autres ; grande générosité envers son cousin et amoureux, elle perd son amour perdu et abandonnée elle glisse vers ce désespoir qui fait qu’elle donne sa part d’héritage de sa mère à son père ; 2 versions de ce roman ; on la voit devenue femme du monde et comtesse généreuse ou femme veuve immensément riche et solitaire avare ;

    je pense aussi à ce film qui oppose un riche avare qui déteste les gens du peuple à un héritier généreux qui construit les maisons pour les employés et les pauvres ; mais désespéré car il perd de l’argent et donc son honneur il veut mourir ; son ange gardien vient alors le secourir ; et les gens du peuple deviennent secourables ; au loin l’avarice ! un film de Noël un beau film ; “la vie est belle ” de Capra

    “il est l’or Monseigneur! ” la folie des grandeur ! Tout pour soi et rien pour les autres ! Un trouble compulsif d’angoisse de manquer et cette peur viscérale : ” où est ma cassette? ” Le moi n’existe plus ,l’argent a tout remplacer…

    • Merci pour ce commentaire et ces références !

      Comme quoi posséder de l’argent n’est pas un mal, tout dépend de ce que l’on en fait ! Plusieurs chemins sont possibles, l’avarice qui détruit l’individu et le Moi, ou bien la redistribution des richesses qui fait florir l’âme de l’homme et surtout, le monde qui l’entoure.

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